23/02/2007

[..Where D'you Go ?..]

"Elle avait 18 ans et s’était toujours demandée ce que cela signifiait vraiment. Est-ce devenir adulte du jour au lendemain ? Est-ce organiser une méga giga fête où tout le monde finira bourré ? Est-ce être davantage responsable d’elle-même ? Elle l’ignorait. Elle, tiraillée entre l’indifférence d’un père quasi-inexistant et la dépression chronique d’une lunatique de mère, avait subit des coups du sort, comme tous les jeunes, mais en était ressortie vivante, et regardait son passé avec mépris, fière d’être à présent heureuse. Jusqu’au soir où… un surplus de sentiments si longtemps restés inexprimés fit surface. Son horoscope l’avait prédit : elle devait faire face à la dure réalité. Face à ce mal-être pesant, à ce sentiment d’incompréhension de tous, pire : d'être incomprise d’elle-même, elle ressentit le besoin vital de trouver des réponses en s’évadant, elle prit son vélo pour s’aérer le cœur en solitaire. L’âme en peine, les yeux remplis de larmes, telle une scène digne de films dramatiques, elle s’arrêta au p’tit commerce du coin pour y acheter des cigarettes, elle qui ne fume pas. Face au désespoir lisible dans son regard, un des 2-3 alcooliques du coin lui proposa du tabac à rouler, elle se servit, trouva encore l’énergie de lui envoyer un sourire « merci.. ». Plus loin dans la rue, elle s’arrête pour allumer sa cigarette, s’acharnant sur son sac dans lequel elle ne retrouve plus le briquet nécessaire, comme si cette cigarette représentait sa vie. Elle s’effondre de chagrin, ses nerfs ayant lâchés tout en continuant de vider son sac avec détresse. Un homme s’approche d’elle : « Ca va mademoiselle ? ». Lamentable. Elle allume enfin sa cigarette et se remet à pédaler, à la recherche de quelque chose de positif. Au loin sur le trottoir elle aperçoit quelque chose qui brille : une pièce de 2 euros. Elle se dit que finalement, la chance est de son côté, elle se promet de garder cette pièce à jamais.

Une musique triste qui tourne en boucle dans ses oreilles, elle lève la tête vers le ciel, comme pour trouver une solution à son état critique mais même les étoiles n’existent pas, pollution parisienne oblige. Elle se dirige vers Paris, passant par des pentes difficiles, elle s’arrête d’épuisement, son cœur battant la charade à en crever. « Arrête de battre » lui suppliait-elle. Mais comme pour lui montrer que tout est encore possible, il lui répondit qu’il lui en fallait plus pour s’éteindre… Elle grimpe donc le vélo à la main sur le trottoir, arrive à Paris, Alésia. Elle a un ex qui bosse dans un restaurant, non loin de Denfert, perdue mais motivée, elle s’attarde sur un plan pour y trouver la rue et s’y rend. Devant le restau, elle l’aperçoit de loin « il est beau, habillé en costard » mais se dit finalement que le revoir ne servirait à rien alors elle s’éclipse discrètement. Et part en direction de sa fac, puis du Marais, puis de la tour Eiffel. Sur la route, elle se pose un tas de questions, se dit qu’elle finira tragiquement comme sa mère : dépressive avec problèmes relationnels/affectifs, sous somnifères et antidépresseurs, ou bien qu’elle finira comme son père, à toujours rire et faire rire mais à ne rien exprimer de ce qu’elle ressentira. Elle passe sur bon nombre de ponts, se de mandant à chaque fois ce qui l’empêche de sauter par-dessus, traverse plusieurs fois au feu rouge, se fichant de savoir si une voiture se chargerait de l’aplatir au sol, voulant se tuer à l’épuisement, elle continue de rouler. 5, 10, 20, 50 km au final. 50 km durant lesquels elle s’est demandée d’où viennent toutes ces larmes qui ont coulées, 50 km durant lesquels elle s’en veut d’être celle qu’elle est, d’agir comme elle agit, d’aimer comme elle aime, 50 km à remarquer que malgré les claques prises en pleine gueule elle n’est pas fouttue d’en tirer une leçon et de se protéger davantage. 50 km à avoir l’énorme impression d’avoir été prise pour la reine des connes, 50 km à se demander comment elle avait pu donner des leçons à tous sur le bonheur, comment elle avait pu prôner que la vie est belle, sans même être fouttue de croire en ses propres discours. 50 km à se trouver ridicule et naïve d’avoir voulu croire en tout ça, 50 km à penser que l’amour n’a définitivement pas de loi… Un sms d’un autre de ses ex vient l’interrompre en pleine réflexion : « Salut, ça va ? J’en peux plus je suis perdu j’ai besoin de parler a quelqu’un de confiance ma copine est enceinte...Blablabla ». L’envie de lui répondre « non, ça va pas j’en ai rien à fouttre de tes problèmes à la con, démerdes toi tout seul t’avais qu’à pas la baiser ! » était forte mais son humanité l'était encore plus, après tout, pouvoir aider les gens, c’est ce qui la faisait se sentir forte. Je crois que ce soir là, elle aurait voulu ne plus exister, ce soir là elle aurait voulu s’en prendre à quelqu’un plutôt qu’à elle-même, elle aurait aimé trouver un coupable à son état pitoyable. Après 5h de vélo et quelques heures de sommeil, le lendemain les courbatures au niveau des jambes, les cloques sur les mains, les yeux à peine dégonflés de la veille la forçaient à se dire que non, ce n’était pas un cauchemar, qu’elle n’avait pas rêvé…"

Histoire [presque] fictive…

 

 To be continued…
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compteur escapade solo

 

16:35 Écrit par Floh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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